Le diabète de type II
Evolution et complications
Maladie silencieuse et chronique, le diabète de type II peut évoluer des années sans que l'individu n'ait conscience de sa pathologie. Lorsque le diagnostic est établi, le diabète perdure en moyenne depuis déjà 7 ans.
Le diabète est une maladie grave puisqu'il peut engendrer la survenue de complications cardiovasculaires (micro et macrovasculaires) jusqu'à des comas. Ceux-ci sont principalement dus à des traitements inadaptés, à des maladies associées, à l'avancement en âge ou à des évènements brutaux (infection sévère, choc).
De plus, le diabète est à l'origine de complications à long terme pouvant être la source de graves handicaps altérant considérablement la qualité de vie.
Ces complications sont occasionnées par une atteinte des vaisseaux, qui peut-être de 2 types :
- Atteinte
des gros vaisseaux visibles à l'oeil nu comme les artères coronaires qui irriguent le coeur : ce sont les macroangiopathies,
- Atteintes des microvaisseaux (visibles seulement au microscope) spécifiquement au niveau du rein, de la rétine et certains nerfs périphériques : on parle de microangiopathies.
Les organes ainsi touchés sont :
- Le système cardiovasculaire
Le risque de maladies cardiovasculaires est de 2 à 3 fois plus élevé chez les diabétiques que dans l'ensemble de la population (3).
L'atteinte des artères coronaires est corrélée à l'ancienneté du diabète mais surtout à l'équilibre du diabète. En effet, un diabétique mal équilibré présente un risque beaucoup plus important de développer à terme une maladie coronaire qu'un diabétique parfaitement équilibré.
Cette atteinte coronaire est due à une athérosclérose et peut s'exprimer sous la forme d'angine de poitrine (angor) et parfois d'infarctus du myocarde.
Cette athérosclérose est engendrée par l'hyperglycémie chronique, mais peut aussi être aggravée si des facteurs comme le tabagisme, des troubles lipidiques ou une hypertension sont associés.
La manifestation la plus courante est la douleur angineuse. Cependant, elle est parfois atténuée, voire absente. En effet, plus de 30% des infarctus du myocarde sont silencieux chez les diabétiques. C'est pourquoi il est important de faire pratiquer un bilan cardiovasculaire annuel lorsque l'on est atteint de diabète (2).
Les artères cérébrales peuvent également être touchées et donner lieu à des accidents vasculaires cérébraux.
De même, on peut assister à l'apparition d'artérite des membres inférieurs due à l'atteinte des artères situées au niveau des jambes.

- Les yeux
Le diabète sucré provoque des occlusions des petits vaisseaux capillaires de la rétine, une ischémie (absence d'irrigation) de zones de la rétine et des hémorragies.
Cette éventuelle atteinte de la rétine implique de faire réaliser un examen ophtalmologique annuel, même en l'absence de troubles visuels, afin de détecter la survenue de telles complications.
Malgré les recommandations pour améliorer le suivi des diabétiques de type II, il semble que moins de 4 diabétiques sur 10 auraient consulté un ophtalmologiste en 2004 (4).
La rétinopathie diabétique est aujourd'hui la première cause de cécité avant l'âge de 50 ans (2).
Globalement, on peut estimer qu'après 15 années de diabète, 2% des diabétiques perdent la vue et 10% souffrent de malvoyance (2).

- Les nerfs
Le risque d'atteinte nerveuse augmente en fonction de la durée du diabète, mais également de son mauvais équilibre.
Les atteintes des nerfs sont essentiellement dues à une ischémie ; c'est-à-dire une mauvaise irrigation sanguine de ceux-ci.
La neuropathie périphérique touche surtout les membres inférieurs et entraîne des douleurs, des crampes, une diminution de la sensibilité, ainsi que des plaies (mal perforant plantaire).
Les pieds du diabétique sont particulièrement à surveiller. En effet, la perte de la sensibilité au niveau des pieds peut transformer un simple traumatisme indolore pour le patient en un mal perforant plantaire. Celui-ci peut alors être à l'origine de complications redoutables comme l'amputation.
Aujourd'hui, 20 à 25% des diabétiques en France seront touchés au moins une fois dans leur vie par une lésion du pied.
En effet, les pieds du diabétique sont susceptibles de développer des troubles cutanés pouvant être graves et aboutir à des amputations (5).
Le coût des complications du pied diabétique se chiffre à presque 381 millions d'euros en France (hospitalisation, amputation, suivi ambulatoire) (6).
La neuropathie peut aussi affecter le système nerveux autonome.
Plusieurs organes ou systèmes sont ainsi touchés et l'on peut voir apparaître des troubles digestifs, des diarrhées, ou encore des troubles du rythme cardiaque, une hypotension, ainsi que des troubles mictionnels et des troubles sexuels (l'impuissance touche en effet environ 50% des hommes diabétiques) (2).
- Les reins
La capacité de filtration du rein est altérée et entraîne une glomérulopathie. On assiste à une accumulation de déchets dans le sang ainsi qu'à une élimination anormale de certaines substances dans les urines (albumine par exemple).
Cette glomérulopathie évolue au fil des années et peut aboutir au stade d'insuffisance rénale chronique puis terminale.
La dialyse ou la transplantation rénale sont à ce stade les deux seules alternatives pour permettre au sang d'être filtré.
La néphropathie diabétique se développe chez environ 8%
des personnes atteintes de diabète de type II (7).
Rappelons que la néphropathie diabétique est la principale cause d'insuffisance rénale dans les pays développés. A l'heure actuelle, 30-50 % des personnes qui atteignent le stade d'insuffisance rénale terminale dans les pays occidentaux sont atteintes de diabète et plus généralement de diabète de type II (7).
De plus, les diabétiques représentent 20 à 50% de toutes les personnes sous dialyse(7).

Référence :
2. Grimaldi André. EMC référence diabète de type 2
3. Diabetes Atlas 2003. Fédération international diabète.
5. Alfediam : http://www.alfediam.org/membres/recommandations/alfediam-pied.asp
6. Haut Comité de la santé publique. Rapport du groupe de travail Diabètes. Prévention, dispositif de soins et éducation du patient. Ministère de l'emploi et de la solidarité, Paris, 1998.
7. Diabetes Voice. Les reins en question. Volume 48. Août 2003.
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