L'Hypertrophie Bénigne de la Prostate

Symptômes et diagnostic

L'HBP est tellement fréquente et les symptômes tellement banaux et bien connus, que le patient fait souvent lui-même le diagnostic et vient consulter pour "la prostate" dès qu'il présente des troubles urinaires.

Les symptômes liés à l'HBP évoluent de façon lente et insidieuse sur plusieurs années.

Le terme anglo-saxon de LUTS (Lower Urinary Tract Symptoms) traduit en français par Troubles Urinaires du Bas Appareil (TUBA) a été proposé afin d'éviter la relation d'équivalence automatique entre prostate et trouble de la miction (1). En effet, la variation du volume de la prostate n'influe pas toujours sur le degré de sévérité des troubles urinaires.

Les TUBA sont de deux sortes :
  • des troubles vésicaux dits irritatifs dus au remplissage de la vessie
  • et des troubles mictionnels obstructifs, c'est-à-dire des difficultés pour uriner en raison du rétrécissement de la lumière de l'urètre.

Aucun de ces symptômes n'est spécifique de l'HBP.

Les troubles urinaires irritatifs constituent le motif le plus fréquent de consultation car très souvent ressentis comme les plus gênants par le patient. Ce sont essentiellement une pollakiurie diurne et nocturne (survenue de plus de 8 mictions par jour réveillant notamment le patient la nuit).
Ce symptôme est apprécié par l'interrogatoire, mais peut-être également quantifié par l'utilisation d'un calendrier mictionnel (heure et volume de chaque miction) sur quelques jours. Le deuxième signe irritatif est le besoin impérieux, soudain et irrépressible d'uriner.

Parmi les troubles mictionnels obstructifs, la dysurie (diminution de la force du jet) est le signe principal. Les autres symptômes dits obstructifs sont la sensation de vidange incomplète de la vessie et l'existence de gouttes retardataires.

Le diagnostic d'HBP est relativement facile à faire, cependant le médecin s'attachera à rechercher une autre cause du trouble urinaire en particulier des antécédents de maladie de l'appareil urinaire, une malformation, une anomalie neurologique, un cancer de la prostate, ...

L'Hypertrophie Bénigne de la Prostate L'interrogatoire apportera des éléments précieux et le toucher rectal permettra souvent de palper la face postérieure d'une prostate de consistance souple, régulièrement augmentée de volume, si une HBP est présente. Il ne retrouvera en particulier aucun nodule prostatique palpable, plus ou moins dur ou/et suspect de malignité.

Si l'HBP semble être le bon diagnostic, aucun examen complémentaire n'est nécessaire.

Le deuxième temps de la consultation est l'évaluation du retentissement fonctionnel, notamment en terme de qualité de vie. Cette évaluation est importante car elle conditionne le choix du traitement : selon le retentissement, le traitement sera la surveillance, le traitement médical ou la chirurgie.

Il est quelquefois conseillé de tenir un calendrier mictionnel pour étudier l'heure, la fréquence et le volume des mictions diurnes et nocturnes sur plusieurs jours.

L'ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé) (1) a recommandé en 2003, dans l'évaluation initiale du patient consultant pour les TUBA, la quantification des symptômes.

Il est possible d'utiliser le score IPSS (International Prostate Symptom Score) qui est un auto-questionnaire élaboré à partir de l'AUA-SI (American Urological Association - Symptom Index). Il évalue sur les 4 dernières semaines la gêne occasionnée par les TUBA en analysant la fréquence de 7 symptômes différents avec pour chacun une échelle comprise entre 0 et 5 permettant de classer les symptômes en minimes (score compris entre 0 et 7), modérés (score compris entre 8 et 19) et sévères (score entre 20 et 35).
Par ailleurs, le questionnaire IPSS comporte une 8ème question qui a pour objectif de mesurer le retentissement en terme d'altération de la qualité de vie (score de 0 à 6). Cette question est considérée à elle seule comme suffisante pour une pratique de routine.

> Consultez notre rubrique examens expliqués : l'auto-questionnaire

Source :
(1) ANAES. Recommandations et références médicales. Prise en charge diagnostique et thérapeutique de l'hypertrophie bénigne de la prostate. Mars 2003 ; pages 1-104


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