


L'HTA est une maladie insidieuse.
La majorité des personnes souffrant d'hypertension artérielle ne présentent aucun symptôme. La pathologie évolue souvent à bas bruit durant de nombreuses années avant d'entraîner des complications. Le patient hypertendu ne ressent généralement rien si son hypertension reste stable et peu sévère dans le temps.
Ce n'est qu'au cours de poussées hypertensives que le patient peut ressentir des symptômes comme des céphalées (souvent le matin), des nausées ou vomissements, des troubles de la vue à type de sensation de mouches volantes, des bourdonnements d'oreille, des épistaxis (saignements de nez), des vertiges.
Parfois, l'hypertension artérielle est découverte au décours d'une complication cardio-vasculaire ou rénale.
La surveillance régulière de la tension par un médecin est le seul moyen pour diagnostiquer une éventuelle hypertension.
Une hypertension artérielle est diagnostiquée si la pression artérielle est supérieure ou égale à 140/90mmHg (ou 14/9). Il faut qu'elle soit permanente, c'est-à-dire retrouvée à l'occasion de plusieurs consultations.

Le médecin utilise un tensiomètre composé d'un brassard muni d'un manchon gonflable et relié à un manomètre qui permet de mesurer la pression. Il place un stéthoscope en aval du brassard sur le trajet d'une artère. Le brassard est appliqué autour du bras, gonflé jusqu'à 250 mmHg puis dégonflé progressivement ; ainsi il obtiendra les 2 valeurs de la pression artérielle, systolique et diastolique.
Quand le brassard est complètement gonflé, le sang ne passe plus dans l'artère, le stéthoscope est « muet ». Pendant que le brassard se dégonfle, il arrive un moment où le sang se remet à circuler dans l'artère, le médecin entend alors le pouls artériel, le manomètre indiquera la valeur de la pression systolique. En continuant de dégonfler, le pouls artériel finit par ne plus être perceptible à l'oreille, c'est la pression diastolique qui sera indiquée sur le manomètre.
Pour confirmer la permanence de l'hypertension artérielle, le médecin doit retrouver des chiffres supérieurs à la normale au cours de 3 consultations différentes avec plusieurs mesures par consultation, après plusieurs minutes de repos, en position couchée puis debout, aux 2 bras. > Consultez notre rubrique mieux comprendre en image : « Le tensiomètre »
En cas de doute, le médecin peut demander un examen particulier : la MAPA (Mesure Ambulatoire de la Pression Artérielle).
La MAPA permet de mesurer la tension tout au long d'une journée et d'obtenir un profil tensionnel du patient sur 24H.
Le dispositif est simple et n'exige pas d'hospitalisation.Le patient est muni d'un brassard relié à un petit appareil enregistreur attaché à la ceinture. L'enregistrement est ensuite analysé par un médecin. Il est indispensable de suivre certaines règles afin que les mesures aient un sens, c'est-à-dire que l'examen doit être réalisé chez une personne active en dehors de tout arrêt de travail et hors période de week-end et de congés.(source : www.e-cardiologie.com)
Il est à noter que la moyenne ambulatoire obtenue chez les sujets normaux est plus basse que la moyenne obtenue au cabinet médical.
> Consultez notre rubrique examens expliqués : « La MAPA »

L'automesure tensionnelle : C'est le patient lui-même qui prend sa tension avec un appareil acheté dans le commerce.
Une récente étude publiée par le Ministère de la Santé conclut toutefois que près de 50 % des autotensiomètres commercialisés ne correspondraient pas aux critères définis par les experts en ce domaine. (source : www.sante.gouv.fr)
C'est pourquoi il faut prendre conseil auprès de son médecin avant de se procurer un autotensiomètre.
> Consultez notre rubrique examens expliqués : « L'auto-mesure tensionnelle »
La MAPA et l'automesure tensionnelle permettent de différencier une hypertension artérielle vraie d'un effet « blouse blanche ».
Quand le diagnostic d'HTA est établi, tous les facteurs de risques d'HTA et de maladie cardiovasculaire seront recherchés : tabagisme, surcharge pondérale, diabète associé, dyslipidémie (hypercholestérolémie en particulier), une consommation excessive d'alcool, une mauvaise hygiène de vie : alimentation pauvre en fruits et légumes, riche en graisses animales, sédentarité. Cette évaluation permettra de mettre en place une stratégie de prise en charge du patient.
Le médecin pourra éventuellement demander des examens complémentaires : prises de sang, électrocardiogramme, examen radiologique des reins, . En effet, il est parfois nécessaire de faire un bilan de la répercussion de l'HTA devant des signes cliniques évocateurs, l'âge du patient, la présence de maladies cardiovasculaires ou métaboliques associées.
Parfois, il est nécessaire de faire un bilan étiologique à la recherche d'une maladie responsable de cette HTA, soit parce que des signes cliniques sont suspects, soit devant des chiffres tensionnels élevés ou une HTA qui ne cède pas sous traitement adéquat.
