


Pour se protéger du paludisme, il est nécessaire d'observer simultanément une protection contre les piqûres de moustiques et une chimioprophylaxie.
Selon les suivis réalisés par le CNREPIA (Centre National de Référence de l'Epidémiologie du Paludisme d'Importation et Autochtone), entre 1998 et 2000, auprès des voyageurs qui ont eu un accès palustre : 76 % des personnes n'avaient utilisé aucune protection contre les piqûres de moustiques. Parmi les 45% de personnes déclarant s'être soumis à une chimioprophylaxie, moins de 10 % affirmait l'avoir utilisée correctement (c'est à dire : en prise régulière, adaptée à la chimiosensibilité du pays visité et en respectant la durée) ; l'erreur la plus fréquemment rencontrée étant un arrêt prématuré de la prise au retour.
Ces mesures préventives sont pourtant essentielles.
Elle repose sur le port de vêtements couvrants imprégnés d'un produit répulsif et sur l'usage de répulsifs cutanés sur les zones découvertes de façon à éloigner les moustiques. Les anophèles piquant la nuit, il est essentiel de dormir dans une pièce climatisée (les moustiques ne piquent qu'à une certaine température) et, la climatisation ne suffisant pas toujours, sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide, en bon état (sans accrocs), longue ou bien bordée.
> Consultez notre fiche conseil Se protéger des moustiques
Ils représentent 20 % des voyageurs et sont aussi exposés au paludisme que les adultes. Le paludisme est plus grave chez les jeunes enfants. Il est donc important qu'ils puissent bénéficier d'une chimioprophylaxie efficace.

On conseille aux femmes enceintes d'éviter dans la mesure du possible les séjours en zone impaludée. Un accès palustre chez une femme enceinte est grave : la fièvre élevée peut déclencher un accouchement prématuré voire une fausse couche.
La prescription d'un traitement préventif relève d'une consultation médicale personnalisée. Elle dépend de plusieurs facteurs : lieu, durée et conditions du séjour, antécédents médicaux, allergies connues à certains médicaments...
Plus de 90 % des accès de paludisme surviennent durant le voyage et dans les deux mois suivant le retour, d'où la nécessité de poursuivre correctement la prophylaxie après avoir quitté la zone d'endémie. La durée de la prophylaxie varie selon les caractéristiques d'élimination du médicament prescrit.
Eu égard aux effets secondaires potentiels des médicaments antipaludiques, le bénéfice-risque d'une chimioprophylaxie pour des séjours au long cours doit être évalué au cas par cas en fonction des différents paramètres. Il en va de même pour des séjours courts mais répétés de manière régulière. Les voyageurs séjournant plus de sept jours dans une zone éloignée de toute structure de soins peuvent bénéficier d'un traitement de réserve : ils partent avec une prescription personnalisée d'un antipaludique à prendre en cas d'accès fébrile.
Il est essentiel d'être informé sur les symptômes de la maladie et la nécessité de consulter rapidement en cas de fièvre.
A votre médecin traitant qui possède la documentation mise à jour ou au service des maladies infectieuses de l'Hôpital le plus proche.

Aux voyageurs y compris les émigrés en France depuis quelques mois qui retournent dans leur pays d'origine.
Les personnes séjournant dans une région éloignée de tout centre médical peuvent bénéficier d'un traitement présomptif : elles partent avec des médicaments à prendre en cas d'accès de fièvre. Dans tous les cas, il est nécessaire de prendre des mesures contre les piqûres d'insectes (voir paragraphe précédent concernant ces mesures).
Remerciements au Dr Luc Paris et au Pr Eric Caumes, du Département des Maladies Infectieuses, Parasitaires, Tropicales et de Santé Publique du groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière et à Fabrice Legros du CNREPIA.
