


Les techniques de référence pour diagnostiquer le paludisme - mettre en évidence la présence de l'agent responsable du paludisme - sont le frottis sanguin et la goutte épaisse.
La goutte épaisse est un examen plus sensible que le frottis sanguin, la lecture en est délicate, elle requiert une certaine habitude de la part de la personne qui observera la goutte de sang.
Ces examens se pratiquent en cas de soupçon de Paludisme.
Ils sont effectués avant tout traitement anti-paludéen qui pourrait gêner l'observation des parasites, de préférence réalisés au moment d'un pic de fièvre : c'est le moment où la parasitémie est la plus importante.
Ces examens se pratiquent en urgence : en effet en cas d'accès grave diagnostiqué, le traitement appropriés doit être entrepris immédiatement. Ces techniques permettent de poser un diagnostic dans l'heure qui suit le prélèvement sanguin.
Une grosse goutte de sang est étalée sans l'écraser (en tournant) sur 1 cm de diamètre puis on la laisse sécher sans la fixer ;
quelques gouttes d'eau propre sont déposées pour recouvrir entièrement la goutte, et après avoir laissé agir 1 minute l'eau est rejetée.
Une goutte de sang est étalée finement, comme écrasée au moyen d'une 2° lame ; puis on la fait sécher en agitant la lame ; elle est ensuite fixée et colorée. La technique du frottis met en évidence les formes des parasites ; l'espèce de Plasmodium qui est en cause est ainsi identifiée.
Connaître l'espèce infestante permet d'une part de juger de l'évolution potentielle et de la gravité de la maladie. En effet selon l'espèce, le pronostic peut être différent. L'infection à P. falciparum, notamment est recherchée, car elle peut donner des complications très graves. De la connaissance de l'espèce dépend également la possibilité d'évaluer le risque éventuel de résistance au traitement.
La technique de la goutte épaisse réalise un enrichissement de l'échantillon de sang en parasites, s'ils sont présents. Ceci permet le diagnostic y compris dans le cas d'un taux de parasitémie très faible : chez une personne sous prophylaxie ayant été infectée par des souches partiellement résistantes de parasites.
Ce n'est qu'après le temps de 20 min minimum d'observation recommandé par l'OMS, qu'une recherche peut être considérée comme négative : par l'absence de Plasmodium dans le sang.
S'il y a présence de Plasmodium, les parasites sont comptés : ils peuvent être très nombreux ou non.
A noter qu'une parasitémie supérieure à 5% est un critère d'hospitalisation, même si l'état du patient n'est pas cliniquement préoccupant.
De même, on hospitalise les personnes qui, sujettes à de violents maux de tête et à des vomissements, tolèrent mal le traitement par voie orale.
