La Rhinite Allergique

Prise en charge

Le traitement de la rhinite allergique comprend à la fois l'éviction des allergènes (lorsque celle-ci est possible), les médicaments et l'immuno-thérapie (ou désensibilisation spécifique).

La désensibilisation est, avec l'éviction des allergènes, le seul traitement susceptible de modifier l'évolution naturelle de la maladie, selon l'OMS.


Comme toujours en allergologie, la première mesure pour diminuer l'allergie est l'éviction de l'allergène. Si celle-ci peut être envisagée dans les rhinites perannuelles, elle est plus difficile dans les allergies polliniques. Les règles d'hygiène des rhinites perannuelles sont identiques à celles de l'asthme, les allergènes en cause étant le plus souvent les mêmes. Des tests permettent de dépister la présence d'acariens dans la literie ou la poussière. Si leur présence est significative, il est souhaitable de prendre des mesures d'éviction.
La lutte contre les sources de poussières passe par l'utilisation de housses anti-acariens, d'oreillers en tissu synthétique et de sommiers à lattes. Il faut aussi éviter la moquette, les tapis et les peluches des chambres des enfants.
L'aération des chambres réduit à la fois la quantité d'acariens et de moisissures intérieurs. Une température fraîche et une lutte contre l'humidité sont aussi des facteurs limitant le développement de ces allergènes.

Pour les animaux domestiques, s'il est préférable de s'en séparer, des raisons affectives s'y opposent parfois. Dans ce cas, il faut limiter l'exposition dans la maison à certaines pièces et laver l'animal chaque semaine.
L'éradication des blattes nécessite le recours à des entreprises spécialisées. Les blattes aiment la nuit et se nourrissent d'aliments très variés, c'est pourquoi il est déconseillé de remettre le lavage des assiettes sales du dîner au lendemain matin. Elles apprécient les sources de chaleur, notamment la chaleur des moteurs d'appareils ménagers (réfrigérateurs) ou électriques (téléviseurs).
Il est également important de limiter les co-facteurs susceptibles de déclencher les manifestations allergiques : éviter le tabagisme passif et l'utilisation d'aérosols (produits ménagers, laques...).


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  • Les cromones sont des molécules qui stabilisent les membranes des cellules (mastocytes) nasales et bronchiques impliquées dans l'allergie. Elles empêchent la libération d'histamine contenue dans ces cellules. Elles ont principalement une activité anti-allergique et agissent surtout sur l'écoulement et les démangeaisons nasales. Elles sont bien tolérées mais leur action brève nécessite plusieurs administrations quotidiennes.
  • Les antihistaminiques inhibe l'action de l'histamine, sécrétée par les cellules nasales et bronchiques. Ils agissent sur la plupart des symptômes de la rhinite allergique. Les anti-histaminiques de première génération entraînaient de la somnolence, les plus récents sont mieux tolérés.
  • Les corticoïdes locaux ont une activité anti-inflammatoire puissante. Ils agissent sur tous les symptômes de la rhinite allergique notamment l'obstruction nasale. Les effets secondaires sont le plus souvent transitoires (éternuements, picotements et sécheresse de la muqueuse nasale, maux de gorge).
  • Les décongestionnants locaux peuvent être utilisés. Ils diminuent l'obstruction des bronches nasales, mais ne doivent pas être pris pendant plus de quelques jours.
  • Certaines eaux thermales « auraient » une action bénéfique sur la rhinite allergique. Des cures sont préconisées lorsque la rhinite se surinfecte fréquemment.

Dans tous les cas, il est d'abord nécessaire d'entreprendre une maîtrise de l'environnement avec une éviction des allergènes et des irritants non spécifiques.
Dans les rhinites intermittentes légères, on utilise le plus souvent des antihistaminiques par voie orale.
Pour les rhinites intermittentes modérées à sévères et pour les persistantes on peut d'emblée utiliser des corticoïdes locaux.


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Il s'agit d'administrer des doses croissantes de l'allergène en cause afin que l'organisme s'y accoutume progressivement et puisse le tolérer. Elle est possible pour les allergènes qui interviennent par voie respiratoire et pour les venins d'hyménoptères (l'un des grand succès de la désensibilisation). En revanche, elle n'est pas réalisable pour les allergies dues à un aliment (oeuf...), un médicament ou pour les allergènes qui interviennent par contact (ex : eczéma dû au nickel). La durée globale de la désensibilisation est de 3 à 5 ans.


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  • Les traitements pharmacologiques sont insuffisants.
  • Le rôle déclencheur de l'allergène dans la symptomatologie du patient a été prouvé. Pour ce faire, des tests cutanés et sanguins sont réalisés. A noter que le fait d'obtenir des dosages d'anticorps positifs n'est pas toujours suffisant pour valider la relation de cause à effet. La chronologie entre le contact avec l'allergène et les symptômes est déterminante.
  • On dispose d'un extrait allergénique ad hoc ( par exemple, l'allergie au chinchilla ne peut faire l'objet d'une désensibilisation).
  • La maîtrise de l'environnement n'est pas suffisante et l'éviction complète impossible. En effet, l'éviction totale est parfois difficile pour des raisons professionnelles ou privées, mais également lorsque les symptômes se déclenchent par contact indirect (comme dans l'allergie au chat).
  • La gêne occasionnée est intense et longue (plusieurs semaines). Inutile donc d'entreprendre une désensibilisation lorsqu'on est sujet à un rhume des foins quelques jours par an.
  • Le patient est âgé de plus de 5 ans (pour la désensibilisation par voie injectable).

On ne démarre pas une immunothérapie en période de crise allergique : pour l'allergie au pollen, on prendra donc soin d'éviter la saison pollinique. Si le sujet souffre de rhinite allergique avec asthme associé, on n' effectue la désensibilisation qu'une fois l'asthme stabilisé par des médicaments.

Il existe deux modes de désensibilisation : par voie injectable et par voie sublinguale.
  • La voie injectable
    La désensibilisation par injection sous-cutanée doit être réalisée par un médecin qui surveillera le malade pendant au moins vingt minutes pour traiter une éventuelle réaction anaphylactique.
    Si pour les allergies permanentes, le traitement annuel est recommandé, pour les allergies saisonnières, l'hiver est la période idéale pour démarrer une désensibilisation. Celle-ci doit en effet être effectuée avant la fin de l'année pour protéger le sujet la saison suivante.
    Non douloureuses, les injections sont effectuées au niveau du bras, toutes les semaines en phase ascendante, puis en moyenne tous les mois en phase de stabilisation.
  • La voie sublinguale
    Cette méthode, souvent confondue à tort avec l'homéopathie, consiste à déposer (chaque matin durant plusieurs semaines, puis un matin sur deux ou sur trois) quelques gouttes d'un extrait allergénique sous la langue ou sur un morceau de sucre que l'on met ensuite sous la langue. Cette méthode évite les déplacements chez le médecin, mais exige en retour un sens de la discipline pour ne pas sauter de prise.
    D'autre part, les extraits allergéniques ne se conservent qu'au réfrigérateur, ce qui pose parfois quelques problèmes aux personnes partant souvent en voyage.
  • Les bénéfices thérapeutiques
    L'immunothérapie marche dans environ 80 % des cas : elle est très efficace sur l'allergie aux venins, un peu moins sur l'allergie aux moisissures.
    Le délai d'amélioration des symptômes varie selon l'état immunitaire des sujets : de quelques semaines à 6 mois après le début de l'immunothérapie.
    A noter que certains sujets voient toutefois leur symptômes réapparaître immédiatement ou à distance de l'arrêt du traitement. Pour obtenir un résultat, une observance rigoureuse du traitement et un suivi médical régulier s'imposent.

Contrairement à certaines idées reçues, se faire désensibiliser à un allergène n'entraîne pas la survenue d'une autre allergie.
Des études récentes ont même montré que la désensibilisation entraîne non seulement une diminution des symptômes, mais également une diminution du risque de polysensibilisation (sensibilisation à plusieurs allergènes), ce qui n'exclut pas toujours le fait de devenir sensible à un autre allergène après une immunothérapie spécifique.
D'autres travaux ont également mis en lumière que la désensibilisation des sujets allergiques au pollen, présentant une hyperréactivité bronchique, diminue le risque de développer un asthme.

Les allergologues se préoccupent maintenant de l'impact des symptômes des rhinites allergiques sur la qualité de vie.


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