Le sevrage tabagique

Prise en charge


Eviter les complications liées au tabagisme.
L'arrêt du tabac réduit la mortalité et la morbidité de l'ensemble des maladies liées au tabac. Certains risques, tels que ceux de cardiopathie coronarienne, sont ramenés presque immédiatement au niveau que connaissent les non-fumeurs alors que d'autres, comme le risque de cancer du poumon ou de pneumopathie obstructive chronique, diminuent plus progressivement au fil des ans.

Plus l'âge est jeune à l'arrêt de la consommation du tabac, plus la réduction des risques liés au tabac est importante. Toutefois, il n'est jamais trop tard pour arrêter : on sait en effet que le sevrage effectué même après 65 ans augmente substantiellement l'espérance de vie. (24)


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Il fut un temps où tout le monde s'accordait à dire que, pour arrêter de fumer, il suffisait d'avoir de la volonté. Compte tenu des mécanismes d'induction de la dépendance par la nicotine, il est bien évident que cette doctrine est inexacte. Néanmoins, la motivation est INDISPENSABLE !

Les motivations d'arrêt les plus fréquemment citées par les fumeurs français sont : (10)

  • Le désir de montrer l'exemple aux enfants - 80.1%
  • Le prix des cigarettes - 61.6%
  • Les conséquences de la fumée sur les non fumeurs - 59.5%
  • Les conséquences sur leur propre santé - 48.1%

Mais dans la réalité arrêter de fumer est l'aboutissement d'un lent mûrissement intérieur. Ce cheminement peut commencer le jour où l'on se dit que l'on fume trop. On essaie de se contrôler, mais on se rend compte que c'est impossible. On change de marque, on passe aux légères, à la pipe, au cigare, on s'arrête, mais on reprend de plus belle. Jusqu'au jour où on décide de s'arrêter vraiment.


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Les bénéfices de l'arrêt du tabac interviennent presque immédiatement (9, 25)

  • 30 minutes après la dernière cigarette
    La pression sanguine et les pulsations du coeur redeviennent normales.
  • 8 heures après la dernière cigarette
    La quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié.
    L'oxygénation des cellules redevient normale.
  • 24 heures après la dernière cigarette
    Le risque d'infarctus du myocarde diminue déjà.
    Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée.
    Le corps ne contient plus de nicotine.
  • 48 heures après la dernière cigarette
    Le goût et l'odorat s'améliorent.
    Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.
  • 72 heures après la dernière cigarette
    Respirer devient plus facile.
    Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.
  • 2 semaines à 3 mois après la dernière cigarette
    La toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement.
  • 1 à 9 mois après la dernière cigarette
    Les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.
  • 1 an après la dernière cigarette
    Le risque d'infarctus du myocarde diminue de moitié.
    Le risque d'accident vasculaire cérébral rejoint celui d'un non-fumeur.
  • 5 ans après la dernière cigarette
    Le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié.
  • 10 à 15 ans après la dernière cigarette
    L'espérance de vie redevient identique à celle des personnes n'ayant jamais fumé.
  • Pour les femmes
    Celles qui arrêtent de fumer avant l'âge de 50 ans ont deux fois moins de risque de décéder dans les 15 années suivantes que celles qui continuent à fumer.
    Le risque de développer un cancer du col de l'utérus décroît lui aussi.
    Il faut également compter sur une diminution du risque de maladies cardio-vasculaires et d'infections respiratoires. Les fumeuses atteintes d'ulcères de l'estomac qui renoncent à la cigarette guérissent plus vite.


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Environ 60% des fumeurs disent avoir envie d'arrêter mais seuls 30% d'entre eux envisagent de se faire aider. En l'absence de toute aide, les taux de réussite sont faibles, de l'ordre de 5% à 6-12 mois. Ils peuvent tripler avec une aide adaptée et sont d'autant plus importants qu'elle s'inscrit dans la durée (en moyenne 6 à 9 mois).

Quant aux stratégies de sevrage, il n'y a pas de méthode universelle. Le sevrage doit prendre en compte les différentes dépendances, l'histoire tabagique de chacun (a-t-il déjà été traité, avec quel traitement, etc.) et le terrain individuel (grossesse, alcoolisme, dépression.). (26)

Les professionnels de santé peuvent fournir dans tous les cas un conseil au fumeur même s'il ne souhaite pas s'arrêter.

Quatre stratégies sont aujourd'hui validées pour arrêter de fumer : l'utilisation de substituts nicotiniques, de la varenicline ou du bupropion, et les thérapies cognitivo-comportementales.(9)

Sevrage tabagique

Les traitements nicotiniques de substitution (TNS) (9)
Ils apportent à l'organisme et aux récepteurs cérébraux la dose de nicotine (principal agent de la dépendance) dont ils ont besoin. Ces produits ne sont pas soumis à ordonnance. Le pharmacien peut conseiller sur la teneur en nicotine qui conviendra le mieux aux fumeurs. Cette dose pourra également être déterminée par le médecin en fonction de la dépendance du fumeur. Différentes formes existent, différents goûts et textures, le choix est lié aux préférences du fumeur.

  • Les gommes(6) : Les gommes sont tamponnées avec du bicarbonate pour faciliter le passage de la nicotine à travers la muqueuse buccale. L'efficacité de la gomme est dépendante de la dose, de la durée du traitement et des conditions d'utilisation.
  • Les pastilles et comprimés(6) : Ces formes sont particulièrement indiquées chez les porteurs de prothèses dentaires ou chez les personnes ayant des troubles de l'articulé dentaire car elles sont moins irritantes.
  • Les comprimés sublinguaux(6) : Ils sont d'utilisation discrète car il n'y a pas à mâcher ni à sucer. Le comprimé est placé sous la langue où il diffuse lentement en 30 minutes. L'effet est ressenti en deux à trois minutes.
  • Inhaleur(6) est destiné à une absorption buccale de la nicotine avec un geste évoquant celui de la consommation d'une cigarette, une bouffée d'inhaleur ne correspondant pas à une bouffée de cigarette.
  • PatchLes patchs ou dispositifs transdermiques évitent les écueils liés à l'usage des formes orales. Les « patchs 24 heures » et les « patchs 16 heures » permettent de réguler l'apport de nicotine dans l'organisme en fonction des besoins du fumeur. En diffusant la nicotine de manière régulière toute la journée, on supprime le manque physique de nicotine. Ensuite, en réduisant progressivement la dose, le fumeur va être sevré en douceur.

Le bupropion(9)
Ce traitement oral sur ordonnance (utilisé dans certains pays comme médicament antidépresseur) n'apporte pas de nicotine, mais il agit sur des substances cérébrales (noradrénaline, dopamine, etc.), pour supprimer les symptômes de manque et l'envie de fumer. Son efficacité varie en fonction des individus. Bien toléré par les uns, il peut en revanche, avoir des effets secondaires suffisamment gênants (anxiété, insomnie) pour conduire à arrêter le traitement, dont la durée est normalement de deux mois.

La varenicline(9)
Cette molécule bloque les récepteurs cérébraux de la nicotine, empêchant l'envie de fumer d'apparaître. Disponible uniquement sur ordonnance, il n'a à ce jour comme seule contre-indication la grossesse. La dose est augmentée progressivement sur une semaine, l'arrêt du tabac étant obtenu au cours de la deuxième semaine de traitement. Ce dernier, en règle générale d'une durée de 3 mois, peut être prolongé jusqu'à 6 mois. L'effet indésirable fréquemment signalé est la survenue de nausées, qui restent, la plupart du temps, légères à modérées. Efficace sur le manque physique de nicotine, ce médicament n'empêche pas la nécessité d'une prise en charge globale.

Les psychothérapies comportementales et cognitives :
Ces thérapies constituent une approche nouvelle en psychologie. Elles reposent essentiellement sur l'analyse des pensées et des comportements. L'objectif est d'aider le sujet à se débarrasser du comportement "anormal". Ces psychothérapies sont bénéfiques et interviennent aux diverses étapes ponctuant l'arrêt du tabac : la motivation, la préparation, l'arrêt, la prévention des récidives. Mais, il faut savoir qu'en France, le nombre des thérapeutes comportementalistes est faible, et la plupart d'entre eux peu concerné par le sevrage tabagique.

Quelque soit la stratégie retenue, la motivation est une condition sine qua none.(25)

De plus, les conseils et l'aide d'un professionnel de santé sont recommandés lors de toute tentative de sevrage.(6)

Sources :
(6) Le tabagisme en 8 questions. Le moniteur des pharmacies. N°2717. 23 février 2008.
(9) Brochure de l'ARC - Association pour la Recherche sur le Cancer. « Vivre sans Tabac ». Collection Prévenir. Avril 2008.
(10) BEH. Numéro thématique - Journée mondial sans tabac. N° 21-22. 27 mai 2008
(25) Dépliant INPES. Les risques du tabagisme et des bénéfices de l'arrêt.
(26) Harlaut A.-G., Bourgade J. Le sevrage tabagique. Porphyre. Avril 2008.


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