


Eviter les complications liées au tabagisme.
L'arrêt du tabac réduit la mortalité et la morbidité de l'ensemble des maladies liées au tabac.
Certains risques, tels que ceux de cardiopathie coronarienne, sont ramenés presque immédiatement au niveau que connaissent les non-fumeurs alors que d'autres, comme le risque de cancer du poumon ou de pneumopathie obstructive chronique, diminuent plus progressivement au fil des ans.
Plus l'âge est jeune à l'arrêt de la consommation du tabac, plus la réduction des risques liés au tabac est importante. Toutefois, il n'est jamais trop tard pour arrêter : on sait en effet que le sevrage effectué même après 65 ans augmente substantiellement l'espérance de vie. (24)
Il fut un temps où tout le monde s'accordait à dire que, pour arrêter de fumer, il suffisait d'avoir de la volonté. Compte tenu des mécanismes d'induction de la dépendance par la nicotine, il est bien évident que cette doctrine est inexacte. Néanmoins, la motivation est INDISPENSABLE !
Les motivations d'arrêt les plus fréquemment citées par les fumeurs français sont : (10)
Mais dans la réalité arrêter de fumer est l'aboutissement d'un lent mûrissement intérieur. Ce cheminement peut commencer le jour où l'on se dit que l'on fume trop. On essaie de se contrôler, mais on se rend compte que c'est impossible. On change de marque, on passe aux légères, à la pipe, au cigare, on s'arrête, mais on reprend de plus belle. Jusqu'au jour où on décide de s'arrêter vraiment.
Les bénéfices de l'arrêt du tabac interviennent presque immédiatement (9, 25)
Environ 60% des fumeurs disent avoir envie d'arrêter mais seuls 30% d'entre eux envisagent de se faire aider. En l'absence de toute aide, les taux de réussite sont faibles, de l'ordre de 5% à 6-12 mois. Ils peuvent tripler avec une aide adaptée et sont d'autant plus importants qu'elle s'inscrit dans la durée (en moyenne 6 à 9 mois).
Quant aux stratégies de sevrage, il n'y a pas de méthode universelle. Le sevrage doit prendre en compte les différentes dépendances, l'histoire tabagique de chacun (a-t-il déjà été traité, avec quel traitement, etc.) et le terrain individuel (grossesse, alcoolisme, dépression.). (26)
Les professionnels de santé peuvent fournir dans tous les cas un conseil au fumeur même s'il ne souhaite pas s'arrêter.
Quatre stratégies sont aujourd'hui validées pour arrêter de fumer : l'utilisation de substituts nicotiniques, de la varenicline ou du bupropion, et les thérapies cognitivo-comportementales.(9)

Les traitements nicotiniques de substitution (TNS) (9)
Ils apportent à l'organisme et aux récepteurs cérébraux la dose de nicotine (principal agent de la dépendance) dont ils ont besoin. Ces produits ne sont pas soumis à ordonnance. Le pharmacien peut conseiller sur la teneur en nicotine qui conviendra le mieux aux fumeurs. Cette dose pourra également être déterminée par le médecin en fonction de la dépendance du fumeur. Différentes formes existent, différents goûts et textures, le choix est lié aux préférences du fumeur.
Les patchs ou dispositifs transdermiques évitent les écueils liés à l'usage des formes orales. Les « patchs 24 heures » et les « patchs 16 heures » permettent de réguler l'apport de nicotine dans l'organisme en fonction des besoins du fumeur. En diffusant la nicotine de manière régulière toute la journée, on supprime le manque physique de nicotine. Ensuite, en réduisant progressivement la dose, le fumeur va être sevré en douceur. Le bupropion(9)
Ce traitement oral sur ordonnance (utilisé dans certains pays comme médicament antidépresseur) n'apporte pas de nicotine, mais il agit sur des substances cérébrales (noradrénaline, dopamine, etc.), pour supprimer les symptômes de manque et l'envie de fumer. Son efficacité varie en fonction des individus. Bien toléré par les uns, il peut en revanche, avoir des effets secondaires suffisamment gênants (anxiété, insomnie) pour conduire à arrêter le traitement, dont la durée est normalement de deux mois.
La varenicline(9)
Cette molécule bloque les récepteurs cérébraux de la nicotine, empêchant l'envie de fumer d'apparaître. Disponible uniquement sur ordonnance, il n'a à ce jour comme seule contre-indication la grossesse. La dose est augmentée progressivement sur une semaine, l'arrêt du tabac étant obtenu au cours de la deuxième semaine de traitement. Ce dernier, en règle générale d'une durée de 3 mois, peut être prolongé jusqu'à 6 mois. L'effet indésirable fréquemment signalé est la survenue de nausées, qui restent, la plupart du temps, légères à modérées. Efficace sur le manque physique de nicotine, ce médicament n'empêche pas la nécessité d'une prise en charge globale.
Les psychothérapies comportementales et cognitives :
Ces thérapies constituent une approche nouvelle en psychologie. Elles reposent essentiellement sur l'analyse des pensées et des comportements. L'objectif est d'aider le sujet à se débarrasser du comportement "anormal". Ces psychothérapies sont bénéfiques et interviennent aux diverses étapes ponctuant l'arrêt du tabac : la motivation, la préparation, l'arrêt, la prévention des récidives. Mais, il faut savoir qu'en France, le nombre des thérapeutes comportementalistes est faible, et la plupart d'entre eux peu concerné par le sevrage tabagique.
Quelque soit la stratégie retenue, la motivation est une condition sine qua none.(25)
De plus, les conseils et l'aide d'un professionnel de santé sont recommandés lors de toute tentative de sevrage.(6)
Sources :
(6) Le tabagisme en 8 questions. Le moniteur des pharmacies. N°2717. 23 février 2008.
(9) Brochure de l'ARC - Association pour la Recherche sur le Cancer. « Vivre sans Tabac ». Collection Prévenir. Avril 2008.
(10) BEH. Numéro thématique - Journée mondial sans tabac. N° 21-22. 27 mai 2008
(25) Dépliant INPES. Les risques du tabagisme et des bénéfices de l'arrêt.
(26) Harlaut A.-G., Bourgade J. Le sevrage tabagique. Porphyre. Avril 2008.
